Un procureur américain a rouvert lundi 28 septembre une enquête sur un viol collectif présumé commis en 2024 par des étudiants de l'université Cornell, dans l'État de New York, une affaire qui à l'époque n'avait pas donné lieu à des poursuites.
Dans une plainte au civil récente, la victime, étudiante de 20 ans au moment des faits, affirme avoir été droguée et violée par sept membres de la fraternité Chi Phi - une organisation d'élèves uniquement masculine - de cette université d'élite.
Largement relayée et commentée en ligne, la plainte a suscité une avalanche de réactions de personnes s'étonnant qu'aucune poursuite judiciaire n'ait été lancée lors du premier signalement par la victime auprès de la police.
Dans un communiqué, Matthew Van Houten, procureur du comté de Tompkins, s'est justifié lundi de n'avoir pas poursuivi les auteurs en 2024 car le témoignage de la victime ne permettait pas alors d'établir une absence de consentement.
"Culture Du Viol"
À l'appui de ses dires, il reproduit les déclarations faites à l'époque par cette dernière. À la lecture de la nouvelle plainte, il estime cependant devoir rouvrir l'enquête et envisage désormais des poursuites pénales contre les sept hommes.
"Je reconnais qu'il peut falloir des années de thérapie et de reconstruction aux victimes d'agressions sexuelles pour comprendre pleinement et prendre la mesure de ce qui leur est arrivé", ajoute Matthew Van Houten dans son communiqué.
Kyle Kimball, porte-parole de Cornell, a assuré de son côté que l'université soutenait la décision de rouvrir les investigations. Il souligne par ailleurs que la fraternité à laquelle appartenaient les auteurs présumés a été fermée et qu'une série de sanctions disciplinaires a été prise contre eux, allant "jusqu'à l'exclusion et la suspension" de Cornell.
Réagissant à cette affaire, la représentante Alexandria Ocasio-Cortez, figure montante des démocrates, a dénoncé dimanche lors d'un meeting une "culture du viol" dans les établissements d'élite. La plaignante, "cette survivante, en a terminé avec ses études, parce qu'on ne peut pas rester à l'université quand quelque chose comme cela vous arrive", a-t-elle lancé, accusant l'institution de les avoir "protégés".
Avec AFP