Le Pacifique tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme. Ministres, négociateurs et une poignée de dirigeants mondiaux sont réunis jusqu'à jeudi 5 octobre dans la ville de Nadi pour préparer le terrain pour la COP31, grande conférence mondiale sur le climat sous l'égide de l'ONU qui doit se tenir en novembre à Antalya, en Turquie. Pour les dirigeants du Pacifique, il s'agit avant tout d'alerter sur l'urgence du réchauffement climatique dans leurs pays en première ligne des bouleversements.
"Notre Premier ministre transmettra cette semaine trois messages clairs aux dirigeants : maintenir l'objectif de 1,5°C à portée de main, faire en sorte que les financements parviennent aux communautés qui en ont besoin et accorder à l'océan la place qui lui revient dans le régime climatique", a déclaré la ministre fidjienne du Climat Lynda Tabuya, lors de la cérémonie d'ouverture.
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Le niveau de la mer s'élève à un rythme record, sous l'effet du réchauffement des océans et de la fonte des glaciers, selon un rapport du Secrétariat général de l'ONU publié en août.
Cela pourrait contraindre 1,2 milliard de personnes dans le monde à être déplacées d'ici 2050, les pays insulaires étant confrontés à une élévation du niveau de la mer deux fois supérieure à la moyenne mondiale.
Déficit Des Financements Et Faible Mobilisation
Le rapport pointe aussi un déficit de financement : les pays en développement, qui auraient besoin de 310 à 365 milliards de dollars pour s'adapter, ne disposaient que de 26 milliards de dollars à ce titre en 2023.
Les dirigeants régionaux, menés par l'Australie, ont présenté la pré-COP comme une occasion d'attirer l'attention du monde entier sur le Pacifique.
Chris Bowen, ministre australien chargé du climat et président des négociations de la COP31, a souligné que les discussions porteraient sur "la collecte, la valorisation et la mise en œuvre des connaissances de ceux qui sont en première ligne face au changement climatique, à la pointe de la lutte".
Le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell, a également mis en avant dans un discours lundi l'impact des vagues de chaleur sur les grossesses. "Les vagues de chaleur extrême liées au changement climatique pendant la grossesse sont de plus en plus souvent associées à des naissances prématurées, à des mort-nés, à un faible poids à la naissance et à des complications maternelles", a-t-il relevé.
Moins d'une douzaine de dirigeants mondiaux ont cependant publiquement confirmé leur présence. Et dans les rues de Nadi, la plupart des habitants semblent largement ignorer qu'un sommet mondial s'y tient.
L'Australie a indiqué en septembre que 4 000 personnes de 60 pays participeraient. Parmi les participants figurera le ministre des Affaires étrangères du Népal, Shisir Khanal, dont le pays est encore sous le choc après la crue dévastatrice survenue dans l'Himalaya le 26 août.
Atolls Submergés
Au programme des principaux délégués, une journée est prévue à Tuvalu, petit État insulaire qui prépare des plans de déplacement de sa population face à la montée des eaux.
Deux des neuf atolls coralliens du pays sont déjà en grande partie submergés.
"La montée du niveau de la mer n'est pas une menace future, c'est une réalité du présent", a souligné à l'ONU la semaine dernière le Premier ministre du pays, Feleti Teo.
L'Australie, chef de file des négociations climatiques, est taxée d'hypocrisie et accusée de "double langage" par les militants écologistes, en tant que producteur majeur de gaz et charbon, des énergies fossiles qui contribuent au réchauffement.
"Le Pacifique ne doit pas devenir une zone sacrifiée pour les grands pollueurs et les entreprises de combustibles fossiles", a déclaré Shiva Gounden, de Greenpeace.
Avec AFP