Un monument du basket français tire sa révérence. Nicolas Batum, deux fois vice-champion olympique avec l'équipe de France (2021 et 2024), champion d'Europe en 2013, vice-champion d'Europe en 2011, deux fois médaillé de bronze au Mondial (2014 et 2019) et une fois à l'EuroBasket (2015), a annoncé sa retraite, lundi 21 septembre, après notamment 18 saisons passées en NBA, où il a duré grâce à sa polyvalence, sa défense et son intelligence de jeu.
"Batman", son surnom, restera dans la postérité comme le sauveur des Bleus en demi-finale des JO-2021 de Tokyo, celui qui a préservé leur avantage d'un point (90-89) en surgissant dans le dos du Slovène Klemen Prepelic pour bloquer, dans la dernière seconde, son double pas qu'il voyait très probablement dedans.
"Il faut que quelqu'un fasse l'action défensive décisive et c'est tombé sur moi... Je suis content de l'avoir faite pour tout le monde", déclarait le joueur le plus médaillé de l'histoire des Bleus à L'Équipe en décembre 2021 au sujet de "la plus belle" action de sa carrière, "forcément, à cause du moment où elle est faite".
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"Papa a fini de jouer au basket", a-t-il annoncé lundi dans une vidéo tournée avec son fils à Pont-l'Evêque (Calvados), là où tout avait commencé en 1991. Une riche carrière qui a pris fin alors que Nicolas Batum était sans contrat depuis que les Los Angeles Clippers ont décliné, fin juin, leur option pour une année supplémentaire.
"J'ai décidé d'arrêter car j'ai envie de rentrer à la maison (...) laisser ma place aux autres car j'ai fait mon temps. Quand tu as fait autant de basket que moi il faut savoir s'arrêter à un moment donné", ajoute-t-il.
Le Normand a disputé son premier match professionnel à l'automne 2005 au Mans, un an après avoir été sacré champion d'Europe cadets, titre de MVP de la compétition à la clé.
"Un Joueur D'une Grande Polyvalence Et Un Facilitateur De Jeu"
Fils d'un ancien basketteur professionnel brutalement décédé à 31 ans d'une rupture d'anévrisme en plein match sous ses yeux alors qu'il n'avait que deux ans et demi, Nicolas Batum possède dès le début de sa carrière un profil de couteau-suisse, à l'aise aussi bien en attaque qu'en défense, précieux dans un collectif.
"C'était déjà un joueur d'une grande polyvalence et un facilitateur de jeu, comme ils disent en NBA : celui qui va faire la passe supplémentaire pour permettre aux joueurs suivants d'avoir une situation favorable", se souvient pour l'AFP Vincent Collet, qui l'a lancé au Mans puis en équipe de France (177 sélections) avant d'en faire son capitaine.
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"Il était exceptionnel dans le jeu sans ballon, sans qu'on ait eu besoin de lui enseigner quoi que ce soit. Il était doué pour ça, il avait le sens de la coupe, il venait dans le dos des défenseurs en permanence pour claquer des dunks, souvent, ou des claquettes" (après un tir manqué d'un partenaire), ajoute Collet, champion de France 2006 avec Batum et les Manceaux.
Ses qualités athlétiques et son "envergure hors normes" lui permettent donc aussi de briller en défense où, malgré sa taille (2,03 m), il est capable de contenir les meneurs adverses.
Au fil de ses 18 années en NBA débutées à Portland, Batum, qui a pris sa retraite internationale après les JO-2024, ajoutera à sa panoplie de l'adresse extérieure, essentielle dans la ligue nord-américaine.
Record De Tony Parker Égalé
Son "catch and shoot" (tir soudain après avoir reçu la balle, sans mouvement de préparation) est devenu sa marque de fabrique au fur et à mesure qu'il se spécialisait dans un précieux rôle de défenseur-shooteur.
"Il a renforcé son profil en étant de plus en plus dans l'efficacité, et celle à trois-points a beaucoup d'importance, peut-être plus encore en NBA", souligne Collet, rappelant qu'il "n'a jamais été un leader offensif en NBA, globalement, dans ses différentes équipes" (Portland, Charlotte, Philadelphie et les Los Angeles Clippers).
L'ailier français affiche en moyenne 37 % de réussite extérieure au cours de ses 18 saisons et plus de 1 200 matches disputés, record de longévité pour un Français, appartenant à Tony Parker, égalé – seuls 28 joueurs ont joué davantage de saisons dans l'histoire de la NBA.
Désormais, "je recherche autre chose, a-t-il aussi déclaré, avec émotions, mais sans regrets (...) Je n'ai pas peur de ne plus être basketteur car j'ai vécu tout ce que j'avais à vivre".
Nicolas Batum a choisi d'annoncer sa retraite un 21 septembre, date du décès de son père.
Avec AFP